Soumission de Michel HOUELLEBECQ

410764-530x352

C’est LE ROMAN de la rentrée, celui dont tout le monde parle. L’Islam au pouvoir en France, de quoi titiller le politiquement correct, remplir les pages opinions des  journaux.

C’est vrai qu’après Zemmour, on commençait à s’ennuyer….ou pas ! Mais là n’est pas notre sujet.

J’ai découvert Michel Houellebecq avec Les particules élementaires. Ce fut un choc. Un grand livre qui transforme la vision du monde. Une voix froide pour raconter la désagrégation de l’homme occidental, sa perte de repère, d’espoir. Un livre drôle, cru et désespéré à la fois. Un sacré bon bouquin, dont il restera pour toujours quelque chose en moi.

Depuis, avec le même bonheur, j’ai dévoré en quelques jours – dès leur sortie – chacun de ses ouvrages. Je suis même allé jusqu’à jouer les midinettes devant lui un jour où je l’ai croisé sur les Champs Elysées il y a de ça bien longtemps. J’étais gêné, mais je lui ai dit à quel point j’aimais ce qu’il écrivait, qu’il faisait partie des écrivains qui changent des vies et qu’il fallait qu’il continue. Il m’a répondu « Merci » en souriant, avec aussi un air gêné, et chacun de nous a repris sa route.

Je piaffais donc d’impatience, utilisant même mes petites relations avec un libraire que je connais bien, pour avoir entre les mains Soumission un jour avant la sortie officielle.

Je me suis délecté de la première partie du livre. La France, à bout de souffle, est au bord de la guerre civile. Des affrontements, des explosions, des coups feu retentissent partout, alors que François Hollande termine son second mandat, que le Front National se bat pour le pouvoir contre la Fraternité Musulmane et que les médias passent tout cela sous silence.

Comme toujours chez Houellebecq, ce climat de fin du monde est vu sous le regard atone du héros, un professeur d’Université spécialiste de Huysmans et qui est – comme toujours chez Houellebecq -  solitaire, mal-aimé, alcoolique et obsédé sexuel.

Il y a de grands moments dans cette première partie. Du Houellebecq au meilleur de sa forme, décrivant avec brio l’ambiance délétère qui règne sur Paris et sur les routes de France,  les entremêlant avec le désastre de la vie amoureuse du héros, sa passion pour Huysmans. Mais aussi de nombreuses considérations bien plus prosaïques sur la nourriture standardisée des plats préparés indiens ou japonais pour célibataires. C’est dans cet agencement génial ou le tandoori congelé du soir revêt la même importance que l’accession au pouvoir d’un parti islamique que Houellebecq est à son meilleur.

Las, le héros part se mettre au vert… et passées quelques pages, avec lui notre grand écrivain!

De longues considérations se succèdent sur Huysmans, l’Islam, le Christianisme, l’université, entrecoupées de quelques scènes de sexes désespérées.

Bref du Houellebecq se parodiant lui-même, oubliant que le moteur d’un livre, c’est son histoire.

J’ai lu dans une interview récente que Houellebecq n’avait pas eu de mal à écrire ce livre qui s’est construit sans heurt. Peut-être aurait-il dû ? Pour la première fois, le grand écrivain me déçoit. Soumission = déception.

Nb : Je  recommande à chacun, plutôt que de lire cet ouvrage, tous les autres romans de l’auteur et également un très court recueil poétique en prose où toute son œuvre et son talent sont condensés : Rester vivant. Un manifeste impitoyable, désespéré, sidérant et beau.

Tom la Patate

Inscrivez-vous

Subscribe to our e-mail newsletter to receive updates.

Aucun commentaire.

Laisser un commentaire

Metaphysique |
Bouquinsprlefun |
Famillerecompose |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Dans ma tête...
| outlander
| C'est écrit ... Par D...