La Dame aux Camélias, d’Alexandre Dumas fils

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La Dame aux Camélias est un roman d’Alexandre Dumas (fils) dont la notoriété a peu d’égal, puisqu’en plus de son succès il a inspiré l’un des opéras les plus connus au monde : la Traviata de Verdi.

 

Je n’avais jamais rien lu du fils Dumas (à l’origine bâtard le pauvre !), m’étant toujours penchée sur le père de qui je tiens mon livre préféré : Les 3 mousquetaires. Heureusement que le site Babelio, qui recense une grande partie de mes lectures, m’a conseillée de lire La Dame aux Camélias, sinon je serais (encore) passée près d’un chef-d’œuvre de la littérature du XIXème siècle qui petit à petit devient l’une de mes favorites.

 

La Dame aux Camélias présente deux aspects particuliers : D’une part, son intrigue est pour ainsi dire autobiographique car largement inspirée de l’un des plus grands amours d’Alexandre Dumas (toujours le fils). En effet, l’ouvrage traite de la liaison d’Armand Duval (dont les initiales sont relativement proches de celles de l’auteur) avec la prostituée – courtisane serait plus appropriée – Marguerite Gaultier ; Dumas fils ayant lui-même vécu une grande histoire avec une certaine Marie, courtisane également. D’autre part, le livre présente la spécificité d’être un récit dans le récit. En gros, le narrateur nous raconte une histoire que quelqu’un d’autre lui a racontée (on parle alors en littérature de récit enchâssant : le premier récit n’ayant que peu d’importance quantitativement par rapport au récit qu’il enchâsse). Mais ici, ce style particulier de récit ne se perçoit que très furtivement, sur dix pages tout au plus.

Je présente ici ces deux aspects car il est intéressant de noter que cette mise en abyme n’a que pour but de ne pas laisser penser à priori qu’Alexandre Dumas (le fils encore !) parle de lui. E        n se mettant en position de narrateur, on imagine qu’il raconte que c’est l’un de ses proches qui s’est laissé « corrompre » par une prostituée, et non lui (on est tout de même en 1848, ne l’oublions pas).

 

Quoiqu’il en soit, pourquoi ce livre a-t-il eu un tel retentissement ? Je n’en sais rien. Peut-être parce qu’il est écrit par le fils d’un grand écrivain ? Ou peut-être parce qu’une partie de son intrigue, ainsi que son personnage principal, sont détonants par rapport aux idées reçues ? C’est ce que je préfère penser. Comme dit précédemment, l’histoire se joue entre Marguerite la courtisane et Armand le jeune bourgeois, bien éduqué. Dans de telles circonstances, on imagine spontanément qu’une telle histoire est impossible dans une société aussi normée et contrôlée que le Paris du XIXème siècle. On se dit, à vue de nez, que si le jeune bourgeois veut vivre sa passion au jour le jour avec celle qui n’est ni plus ni moins considérée comme une pute, il va devoir abandonner bien des avantages et trouver beaucoup d’argent pour satisfaire les besoins d’une femme jusque-là entretenue par les plus riches…

C’est justement dans ce contre-pied qu’a pris l’auteur que le livre est réussi : Ici, la condition de Marguerite renvoie directement à l’égoïsme et à la vanité des hommes, et non au matérialisme des femmes. C’est Marguerite qui est courageuse, Marguerite qui a tout compris, Marguerite qui se sacrifie, même si elle pompe littéralement les bourses des hommes qui s’entichent d’elle. Marguerite est profondément humaine, et ses décisions sont toujours nobles. Elle a le mot juste et une perception de la réalité qui est on ne peut plus franche et honnête. En fait, ce qui a – probablement – marqué la société lectrice de l’époque, c’est que la prostituée n’est ni une bête à fuir, ni une idiote. Elle est même représentée comme plus maline, intelligente et généreuse que ne peuvent l’être les femmes de la bonne société. Et si quelqu’un doit renoncer à bien des choses pour vivre une histoire d’amour avec un homme « traditionnel », c’est elle plus que lui, même s’il s’affiche avec une pute, pour le dire sans chichi ni manière.

 

Féministe dans son fond, cet ouvrage dur renvoie pêle-mêle aux différences de classe et de statut, à la notion du « bien » fondamental, au-delà des normes et de la vanité humaine, mais aussi au fléau de l’époque : la tuberculose.

 

Je ne peux pas dire que j’ai adoré ce livre, par rapport à d’autres ouvrages lus récemment qui m’ont marquée au fer rouge comme Un barrage contre le pacifique ou L’aveuglement. Pour autant, je l’ai beaucoup aimé, et même dévoré, et je sens que la façon de penser de Marguerite, honnête et sans détour, laissera des traces…

 

A lire absolument, ne serait-ce que pour avoir lu l’ensemble de la famille Dumas !

 

 

Jo la Frite

 

 

 

 

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Une réponse à “La Dame aux Camélias, d’Alexandre Dumas fils”

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    22 juillet 2017 à 0 h 59 min #

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