La Maison dans laquelle – de Mariam Petrosyan

12705661_918051014968803_7524950296802466133_n

Je remercie tout d’abord les éditions Monsieur Toussaint Louverture et le site Babelio pour ce livre offert à l’occasion de sa parution. D’un point de vue strictement esthétique, et même si cela peut paraître complètement anecdotique, ce livre est un vrai bel objet, avec une couverture très douce au toucher et une mise en page particulièrement travaillée. Un seul bémol : le poids des 954 pages qui ne facilite pas toujours la lecture ou le transport dans le sac à main…

 

La maison dans laquelle est un livre à secrets, à histoires, et il me semble important de partager ici ce qui figure sur la couverture :

À 18 ans, Mariam Petrosyan (née en 1969 à Erevan) ébauche les personnages qui deviendront les héros d’un livre qu’elle mettra plus d’une dizaine d’années à écrire, sans jamais chercher à le faire publier : La Maison dans laquelle. Dans les années 1990, elle finit par laisser un exemplaire du manuscrit à des amis. Quinze ans plus tard, après être passé de lecteurs en lecteurs, celui-ci tombe entre les mains d’un éditeur, qui y jette un œil poli avant de le dévorer en quelques jours. Dès sa sortie, en 2009, le livre est lauréat de nombreux prix, et devient un best-seller intergénérationnel et international (250 000 exemplaires vendus en Russie, traductions en italien, polonais, danois, letton, macédonien, norvégien, espagnol et hongrois), dont la communauté de fans ne cesse de grandir. Mariam Petrosyan est aujourd’hui considérée (bien qu’elle soit toujours arménienne) comme l’une des écrivaines russes les plus novatrices. La Maison dans laquelle est son seul roman. Selon ses propres dires, elle ne l’a pas écrit ; elle y a vécu.

La lecture de ce livre résonnait pour moi comme quelque chose de très excitant : un livre passé de mains en mains pendant des années, inconnu du grand public et manifestement complètement envoûtant…

 

Quelle est l’histoire de La maison dans laquelle ?

Cet ouvrage retrace l’histoire d’une bande d’enfants, dans une sorte de pension / orphelinat pour enfants handicapés physiques (aveugles, ou en fauteuil, ou manchot…), de leur arrivée dans la maison, jusqu’à leur dernière année : celle de la sortie et du retour à la « vraie vie ». Dans la Maison, des clans se forment : les rats, les oiseaux, les chiens, chacun avec leur propre chef et leurs propres règles. La vie à l’extérieur y est source de fantasmes les plus fous, et la solitude du quotidien fait place à un imaginaire débordant. Dans la Maison, il y a les nuits les plus longues (celles où l’on se raconte des contes toute la nuit), des messagers de groupe à groupe (que l’on surnomme les logs), les « tombants » et les « sauteurs ». En grandissant, ces enfants devenus adolescents passent leur temps à fumer des cigarettes, boire de l’alcool, et construire des univers factices pour rendre leur vie passionnante, face au vide qu’offre la bâtisse. On y règle ses comptes, on tombe amoureux, on cache des secrets, on y développe des comportements complètement atypiques qui là-bas trouvent leur sens… Un livre très étrange et envoutant, très proche du réalisme magique de Cent ans de solitude et de l’univers complètement improbable d’Harry Potter… Comme dirait mon mari, le spectre est large entre les deux, mais c’est pourtant vraiment cela.

Les chapitres représentent soit le point de vue de l’un des personnages de la maison, soit une année spécifique.

 

La lecture de ce livre n’a pas été évidente pour moi, et ce, pour plusieurs raisons. D’une part, parce que la Maison a de nombreux groupes et de nombreux pensionnaires. Il n’a pas été évident de comprendre qui est qui, notamment parce que les membres changent de surnom au fur et à mesure de leur montée en âge. Ainsi, le petit « Sauterelle » deviendra le grand « Sphinx », ce qui demande une concentration et une mémorisation hors-pair. Qui plus est, le livre est lourd, mais vraiment lourd, ce qui fait qu’au bout de 20 minutes de lecture j’avais sérieusement mal au poignet. Enfin, l’univers magique qui entoure les personnages laisse parfois perplexe, au point de se demander si l’on a vraiment compris de quoi il en retourne.

 

Pourtant, malgré ces désagréments de lecteur, j’ai été complètement, mais alors complètement, fascinée par ce monde incroyable, ces personnages si touchants et si réels, et cette description de l’enfance et de l’adolescence si proche de la vérité. J’ai rarement vu une écriture aussi juste dans la description des fonctionnements qui précèdent l’âge adulte, et comme ces pensionnaires, j’ai été affolée et triste à l’approche de la « sortie » de la Maison, seul lieu où finalement on se sent en sécurité.

 

Pour être plus brève, je suis très admirative de cette Maison créée de toute pièce par l’imaginaire d’une auteure à talent, tout comme je suis fascinée par l’univers qu’elle a su créer et qui, somme toute, paraît étrangement réel. Mais la compréhension de cet ouvrage et des protagonistes n’est pas chose aisée, et certains passages nous perdent complètement.

 

Cela reste néanmoins le livre le plus original et envoutant que j’ai lu depuis bien longtemps, sans pour autant avoir été pour moi un « page turner » de dingue qui m’empêchait de dormir. Plutôt pour lecteurs avisés et aguerris, qui ont envie d’admirer un imaginaire fort et de trouver une justesse de cette période de la vie si particulière : l’adolescence.

 

Jo la Frite

Inscrivez-vous

Subscribe to our e-mail newsletter to receive updates.

Aucun commentaire.

Laisser un commentaire

Metaphysique |
Bouquinsprlefun |
Famillerecompose |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Dans ma tête...
| outlander
| C'est écrit ... Par D...