Portrait du Fugitif de David Boratav

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Hermann reconstitue le parcours de son ami Sébastien, disparu sans laisser de trace. A l’aide de son journal intime, de quelques lettres laissées derrière lui et du souvenir de conversations qu’ils ont eues ensemble, il dresse ainsi le portrait de ce jeune homme, de son enfance avec son grand-père, jusqu’à sa fuite, alors qu’il était étudiant.

S’il y a une chose que l’on peut mettre au crédit de l’auteur, c’est son style. David Boratav a une très belle plume, à la fois sensible, élégante et cultivée. Il sait, parfois avec beaucoup d’érudition, parfois avec beaucoup de poésie, retranscrire un instant, partager une idée, fabriquer une image.

Hélas, malgré ces qualités indéniables et qu’il faut saluer, ce livre n’est pas véritablement une réussite à mes yeux. La faute tout d’abord à des personnages qui ne sont jamais arrivés à exister pour moi. Sébastien, est resté au final un être abstrait, sans contours, sans vie. Dès lors, ses aventures ( pas palpitantes de plus) ne m’ont guère intéressées. Les autres personnages sont quant à eux absents. Rien n’est dit sur eux. Il y a bien un oncle et un docteur un peu étranges, mais ils passent, fugacement. Il y a bien des femmes et quelques amis, mais eux aussi sont totalement inconsistants. Dès lors, puisque les personnages n’ont pas de corps, comment m’intéresser à leurs destins? J’ai simplement contemplé, avec parfois de l’admiration, la qualité de plume de l’auteur, comme on écoute un grand pianiste faire des gammes. C’est parfois beau, mais souvent vain.

Le problème majeur du livre est peut-être lié au fait qu’il est censé se passer dans les années 90. Mais, mon Dieu, quel étudiant ressemblait à cela dans les années 90? On a l’impression que ces êtres que nous décrit l’auteur sont parfois du 19ème siècle, parfois des années 50, tant ils sont policés, propres, sages, bourgeois et qu’ils vivent dans un Paris, une Suisse, une Angleterre de carte postale… La jeunesse dans les années 90 ne ressemblait pas à ça. je le sais. j’y étais. A la Sorbonne, en droit, comme le héros. Dans ces pages, je suis navré de le dire, mais la jeunesse semble en toc, une l’image d’épinal, une gravure de mode, en aucun cas la vérité. Dès lors, la tentative de contextualiser le récit avec la guerre en ex-Yougoslavie m’a  semblé bien étrange, comme si ces héros  à la temporalité floue se retrouvaient collés malgré eux à une époque et des faits d’un autre temps.

Surtout tout paraît trop anecdotique et survolé. De la rencontre avec l’oncle et le mystérieux objet donné au héros, censés ( je suppose) être le pivot du livre aux histoires d’amour, aux rencontres, aux amitiés, tout est sitôt esquissé, sitôt oublié. Bref, en termes de narration et de personnages, tout cela m’est apparu bien trop mince pour m’emporter. Reste cette langue, superbe, encore une fois. Un peu court tout de même, même pour un court roman.

Tom la Patate

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