La Succession, de Jean-Paul Dubois

 

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Un jour, en 2004, j’ai lu Une vie française, que j’ai littéralement dévoré, et depuis cette date, j’ai gardé l’idée que Jean-Paul Dubois était un écrivain fabuleux, même si malheureusement depuis j’en ai lu d’autres qui ont un peu entâché ce souvenir littéraire. Quoiqu’il en soit, quand j’ai su que La succession sortait en septembre pour la rentrée littéraire 2016, je l’ai réservé à la bibliothèque, et Jean-Paul Dubois et moi nous sommes retrouvés pour quelques jours.

 

Chez Dubois, il y a certaines choses quasi immuables : Toulouse d’abord, la trouille du dentiste souvent (mais pas dans ce livre-ci), et une très, très grande solitude du personnage principal, qui à ma connaissance est toujours un homme. On peut aussi rajouter que des allusions au Président de la République du moment servent de repères temporels, dans beaucoup de ses romans. Ici, le même cocktail est resservi, abstraction faite du dentiste, remplacé par une histoire de famille dans laquelle s’inscrit une lignée de médecins…

 

Que raconte ce livre ? Et bien il raconte un passage noir de l’existence : celui où le dernier de nos parents décède, où nous n’avons plus de parents à qui nous référer, celui où nous sommes les seuls détenteurs et héritiers de l’histoire de notre famille. Paul Katrakilis, jeune trentenaire, joueur de pelote basque à Miami, apprend que son père – médecin – vient de mourir à Toulouse. Il doit donc rentrer temporairement en France, gérer l’administratif lourd mais aussi et surtout se retrouver seul dans la maison familiale, vide, dénuée de sens, où tout une vie s’est entassée, pleine de choses connues et de secrets… Mais qui ne découvre pas de secret à la mort de son dernier parent ?

 

Le rythme est particulier, alternant des passages ennuyeux voire inutiles – pour moi-, avec des moments lourds, parfaitement décrits, pleins de justesse et d’émotion. La détresse de Paul est à la fois parfaitement transmise et trop décrite pour être réaliste, ce qui en fait un livre un peu marquant mais pas passionnant. Il y a eu des jours où je me suis forcée à lire trois pages histoire d’avancer, et d’autres où je n’avais pas envie de poser deux minutes l’ouvrage. Je dirais que le livre prend toute son ampleur vers la page 150, ce qui pour un livre de 234 pages est un peu dommage, surtout quand on connait le talent de Jean-Paul Dubois.

 

Ne vous méprenez pas, on y retrouve vraiment par moment toute la force et le style de l’auteur, son cynisme, sa capacité à décrire l’ambivalence humaine, la force de certaines tournures. Mais parallèlement, on y découvre aussi une certaine frivolité, une trop grande légèreté qui dans le cadre de ce roman ne vont pas trop et m’ont dérangée.

 

Bref, un bon Dubois pour remettre le pied à l’étrier, mais certainement pas un obligatoire de votre PAL  (pile-à-lire) à commander à Noël…

 

 

Jo la Frite

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