Le loup des mers, de Jack London

9782070633913

Ah, Jack London! Ceux qui suivent nos billets savent que ce blog se remplit depuis plus d’un an d’un certain nombre de critiques autour l’oeuvre de ce grand écrivain américain. Jack London est ainsi devenu pour moi au fil des mois, comme un vieil ami qu’on aime à retrouver après être allé lire ailleurs ce qui s’y passe.

Après les romans dits biographiques, les uchronies (utopie appliquée à l’Histoire telle qu’elle aurait pu être), les aventures dans le grand nord, il me manquait encore à explorer les récits ‘’maritimes’’ du grand Jack pour continuer ce premier tour d’horizon de son oeuvre pléthorique. Chose faite avec le Loup des mers, récit d’aventures, qui compte l’histoire d’un naufragé sauvé des eaux et enrôlé malgré lui sur le Fantôme, une goëlette partant pour la chasse au phoque. Humprey, le naufragé, est un bourgeois intellectuel de San Francisco, qui n’a jamais travaillé, un critique littéraire qui va apprendre la dure réalité de la vie à bord d’un bateau. Surtout, son humanisme de bon aloi de littérateur aisé à l’existence tranquille va se retrouver confronté à la force machiavélique et au nihilisme du capitaine du bateau, Loup Larsen, homme tyrannique, violent et amoral, qui va le mettre à rude épreuve, lui montrer une réalité qu’il ne connaissait pas et le faire douter de ses propres conceptions du monde.

L’aventure se teinte ainsi de joutes philosophiques et l’on devise et s’écharpe sur le sens de la vie entre l’humaniste et le nihiliste, autant que l’on se bat à mains nues.

Humprey est un peu l’opposé de Martin Eden (quand on écrit sur London, on en revient toujours à son chef-d’oeuvre). Là où Martin Eden décrivait l’itinéraire d’un rustre qui faisait son entrée dans le monde bourgeois, le Loup des Mers fait  le chemin inverse et donne à découvrir à un bourgeois le dur labeur des travailleurs de l’océan. Loup Larsen peut, lui aussi, être analysé comme un cousin de Martin Eden. Comme lui, c’est une sorte de surhomme robuste, sans peur et à la volonté de fer; comme lui il a grandi dans la misère et a appris ce qu’il sait à l’école de la vie; comme lui c’est un lettré, qui a fait lui même son éducation à force de volonté et d’abnégation…

Evidemment, avec un capitaine démoniaque et une chasse aux grands animaux des mers, on ne peut que penser aussi au capitaine Achab de Moby Dick, dont Loup Larsen est très clairement inspiré.

Parallèlement à cet affrontement, c’est à la cruauté des hommes et à la violence de la nature que va se retrouver confronté le héros. Elles vont, elles aussi, remettre en cause son humanisme et le transformer à jamais.

Néanmoins, malgré cette trame plutôt noire et violente, le Loup des mers est d’abord et avant tout un livre très distrayant et plein d’entrain, qui peut être lu comme un pur récit d’aventures, avec ses multiples rebondissements et ses figures pittoresques. L’arrivée d’une figure féminine droite et courageuse et la romance qui naitra entre elle et le héros est pour beaucoup dans cela. C’est toute la réussite et peut-être aussi la limite du livre, qui se veut d’abord et avant tout un grand divertissement pour tous et qui pourra donc plaire autant à un adolescent en quête de frissons et d’évasion qu’à un adulte pouvant trouver dans le récit une profondeur supplémentaire.

Tom la Patate

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