Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques? (AKA “Blade Runner”) de Philip K Dick

bladerunner

Je n’aime généralement pas lire des ouvrages alors j’ai vu les films qui en ont été tirés. Je trouve que cela bloque l’imagination. Le héros prend la tête de l’acteur qui l’a incarné, le décor celui du film…. bref la lecture est le plus souvent vampirisée par des images imposées qui nous reviennent en mémoire.

J’ai comme tout le monde (ou presque) vu des dizaines de fois à l’adolescence  Blade Runner, chef d’oeuvre de la science fiction, tiré de ce livre. J’ai donc mis du temps à me décider à lire cette version originelle, appréciant pourtant son auteur (surtout Ubik et Substance Mort, que je considère comme deux très grands livres).

 

Grand bien m’en a pris car j’ai beaucoup apprécié ce roman. Je n’ai pas revu le film depuis plus dix ans, au bas mot, cela a peut-être aidé. Mais surtout l’ouvrage est bien différent de l’oeuvre cinématographique, du coup ma lecture n’a pas vraiment été parasitée par mes souvenirs.

Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques? conte la journée d’un chasseur de prime, Rick Deckard, qui doit mettre hors d’état de nuire plusieurs androïdes afin de s’offrir l’un de ses plus grands rêves: un animal vivant. C’est que la terre n’est plus ce qu’elle était, mais un monde post-apocalyptique où la vie est rare et précieuse… Enfin quand elle n’est pas artificielle. On chasse ainsi des androïdes rebelles, qui ont quitté le service des hommes et aspirent à être libres. Ils n’ont que quatre ans de vie et eux aussi veulent expérimenter la liberté durant ce court lapse de temps. Mais parce que leur biologie n’est que mécanique, cela leur est refusé.

Au fil de cette journée pas comme les autres, où il poursuit un groupe d’androïdes de dernière génération, le chasseur de prime va remettre en cause l’ordre établi et s’interroger sur la nature même de l’existence..

 

Je garde un souvenir de Blade Runner comme un film lyrique et mélancolique. Ici rien de tel, on est, comme toujours chez Dick, à la limite de la folie, de la paranoïa, du dérèglement psychique. Deckard est un être au bout du rouleau, dans un monde qui ne va pas mieux. Tout y est inquiétant, anxiogène, trouble, plein de faux semblants. Les humains ont l’air de robots, les robots d’humains. Des sortes de divinités (humaines ou artificielles) s’écharpent et manipulent la population grâce à la télévision, à des régulateurs d’humeur ou à des machines à empathie qui font revivre à chacun – et tous à la fois- le mythe Sisyphe, tandis que la tropie (sorte de vide absolu) dévore le monde. Le moindre insecte ou l’animal le plus insignifiant vaut de l’or et en posséder devient la quête ultime de tout un chacun… Ainsi comme dans tout bon livre de science-fiction, l’histoire fourmille de trouvailles et d’inventions qui ont de fortes résonances symboliques. Et bien entendu, au delà de l’histoire, c’est à un questionnement sur la nature humaine que nous convie l’auteur.

Un voyage inquiétant et riche donc dans un futur fou et angoissant aux airs de fin du monde. L’ironie de l’histoire veut que l’on demanda à Philip K Dick de réécrire son livre suite au succès du film pour qu’il se rapproche de son adaptation. Fort heureusement, il refusa et même si son livre est souvent rebaptisé du nom du film, il reste une oeuvre forte, originale et finalement tout aussi réussie que sa version cinématographique.

Tom la patate

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