« Notre coeur » de Guy de Maupassant

Notre-coeur

Notre coeur est le sixième et dernier roman de cet immense auteur, avant qu’il ne sombre dans la folie et ne meurt trois ans plus tard.

 

Disons-le tout de suite, pas facile de défendre un tel ouvrage quelques jours après la journée des droits de la Femme… Je vais pourtant essayer tant j’ai trouvé cette lecture délectable. Maupassant est un très, très grand écrivain qui allie une plume divine à un regard d’une acuité et d’une justesse sidérantes sur les sentiments humains. Pourtant, avouons-le, le portrait de la femme (ou plutôt de la femme moderne) qu’il nous dresse n’est pas forcément plein de louanges et il n’est pas sans laisser un petit arrière goût de misogynie qui pourrait donner à certains un sentiment assez désagréable.

 

André Mariolle, riche bourgeois oisif, tombe éperdument amoureux d’une jeune veuve, Michèle de Burne, femme moderne et tenant un salon très couru. Il lui fait la cour et elle devient sa maîtresse. Mais l’affolement du coeur de Mariolle ne trouve que de façon très épisodique l’écho qu’il espère auprès de celui de Michèle de Burne, qui ne sait pas aimer à la hauteur de la passion qu’elle a fait naître chez lui.

Maupassant sait comme personne décrire les coeurs en feu, les emportements des sens, les angoisses et blessures de l’âme qui ne se trouve pas aimée comme elle le souhaiterait. Il le fait avec une plume d’une précision et d’une beauté renversantes. Scruta nt à la loupe les espoirs et désespoirs nés de la passion, il nous livre un ouvrage passionnant au style parfait.

 

Pourtant, pourtant… C’est dans le traitement de son héroïne, ou plutôt dans la généralisation de la femme ‘’moderne’’ qu’il esquisse à partir de son héroïne que quelque chose d’un peu gênant naît. La femme moderne, c’est à dire affranchie des hommes, libre, ne saurait en un sens pas aimer. La liberté lui glacerait le coeur, l’indépendance la rendrait presque inapte à l’amour. Au contraire, la petite servante, la femme docile et soumise, saurait se laisser envahir par la passion et rendre heureux les hommes…

 

Mais il y a tant de choses sublimes dans ce roman que j’avoue pardonner à Maupassant ce regard pour le moins contestable. Je pense régulièrement ainsi depuis cette lecture à faire une escapade romantique avec Jojo La Frite au Mont Saint Michel, tant les pages sur ce monument et les quelques jours que passent en ces lieux le héros avec son amante sont beaux et chargés de l’enivrante ferveur née de la passion amoureuse.

Je me suis dit en lisant le livre que Maupassant avait dû être très malheureux en amour. Après une petite recherche, j’ai en fait découvert qu’il était un grand séducteur et avait multiplié les conquêtes. Tout faux donc.  Quoi qu’il en soit, un grand livre n’est pas forcément un livre moral et un grand auteur n’est pas forcément un grand humaniste. Ce roman passionnant et passionné au style véritablement admirable le démontre parfaitement.

Tom la Patate

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