Quand sort la recluse, de Fred Vargas

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Ah la la … Fred Vargas ! On aime ou on n’aime pas, mais on peut rarement ne pas en avoir entendu parler. Fred Vargas fait partie de ces écrivains à succès, qui écrivent des polars d’un « autre genre ». Et pour Vargas, on pourrait dire d’ « un genre unique ». Pourquoi ? Parce que l’Auteure est aussi Historienne, Archéozoologue médiéviste (oui, il paraît que ça existe) et que ces dimensions de sa personne interviennent grandement dans ses polars complètement… loufoques, perchés, atypiques, tirés par les cheveux, bien ficelés etc.

 

Lorsque j’ai découvert Vargas il y a… 15 ans peut-être ( ?), j’avais été subjuguée par la personnalité d’Adamsberg, commissaire un peu poussiéreux, solitaire, désordonné, ténébreux, aux proto-pensées uniques (l’expression n’est pas de moi mais de Vargas : les proto-pensées étant les pensées qui nous arrivent et qui nous paraissent sans queue ni tête). Ce commissaire, à la tête d’une brigade constituée de personnalités diverses hautes en couleurs, résout les enquêtes d’une façon unique, absolument pas rationnelle, fondée sur l’instinct et l’intuition. Les associations d’idées qu’il fait sont atypiques et amènent quasiment tout le temps sur le bon chemin, ou tout du moins sur un chemin intéressant. Les histoires sont totalement ésotériques, renvoyant systématiquement aux mythes, aux sens cachés, aux traditions etc.

 

Bref, en général, le premier Vargas se savoure, tant cela change des autres polars.

 

Puis suivent les autres, qui à la fois nous lient avec l’ensemble de la brigade, et dans le même temps nous épuisent par ce côté irrationnel, un peu « too much » dans la narration. A tel point que pour l’avant-dernier livre, j’ai arrêté la lecture au milieu, fatiguée des raisonnements toujours compliqués et des personnages parfois caricaturés dans ce qu’ils sont.

 

C’est donc avec précaution que j’ai ouvert Quand sort la récluse, m’attendant au meilleur comme au pire.

 

Le pitch en tant que tel est intéressant : 3 personnes meurent dans le sud suite à une piqure d’araignée appelée « la recluse ». Or, il est très rare de mourir suite à une piqure de recluse, même si le venin est puissant et entraîne des nécroses de certains membres. Je n’en dirai strictement pas plus car dans un polar, moins on en sait, mieux on se porte. J’ai en tout cas vérifié sur internet certaines informations au sujet des recluses (diverses et variées, vous comprendrez en lisant le livre) et il s’avère que Fred Vargas a traité ce sujet très sérieusement, avec de longues recherches, en long, en large et en travers.

 

L’intrigue qui suit est intéressante et l’on retrouve un Adamsberg en forme, un personnage bien campé, bien installé, ce qui fait plaisir. Idem pour les autres membres de la brigade, avec notamment une Froissy et une Retancourt très bien décrites, on les voit presque en fermant les yeux. Malheureusement, et c’est en même temps le charme de Vargas, ces personnages si originaux et attachants sont parfois un poil surjoués dans leur description, mais l’on pardonne cela aisément parce que l’écriture est belle et l’humour (noire ? jaune ? enfin pas banale) présente.

 

Au final, qu’en dire ?

Une belle enquête où l’on apprend des choses, où les personnages sont attachants, ou l’écriture est travaillée et les détails hyper soignés, mais aussi un livre un peu tiré par les cheveux, évidemment pas crédible mais on le sait quand on achète du Vargas, où se trouvent de nombreuses fautes de frappe et d’orthographe. Car oui, signalons-le, Fred Vargas a quitté son éditeur de toujours pour Flammarion… Et oui, business is business mais a priori, Flammarion n’est pas aussi rigoureux sur le travail de relecture…

 

Autre point : l’enquête met du temps à démarrer, avec une introduction en matière longue sur un sujet qui n’a strictement rien à voir, mais qui n’est pas déplaisant puisqu’il nous re-familiarise avec les personnages. Etonnant quand même d’avoir une cinquantaine de pages sans aucun rapport avec la suite et sur lesquelles l’Auteure ne reviendra jamais tout au long des 400 pages suivantes ?

 

In fine, un Vargas authentique !

 

Jo la Frite

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3 Réponses à “Quand sort la recluse, de Fred Vargas”

  1. Carrat
    15 juin 2017 à 18 h 32 min #

    Bon je vais écouter tes conseils. Mais moi aussi l’avant dernier je l’avais très mauvais, verbeux, chargé et complètement dénué de sens.
    Marion (une copine de cri cri)

  2. 15 juin 2017 à 21 h 03 min #

    Je ne sais que penser de Vargas … J’en ai entendu trop de mal : répétitif, lourd, raisonnement tordu qui perde le lecteur …
    Et pourtant, j’en entends tant de bien, notamment au niveau de son originalité.

    Dernière publication sur Bienvenue chez Chlo Plume : Dame sombre, garde-toi !

  3. coincescheznous
    15 juin 2017 à 21 h 50 min #

    Marion, tu me diras ce que tu en as pensé… Chloplume, il faut essayer pour te faire ton avis :-)

Répondre à coincescheznous

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