La symphonie du hasard – de Douglas Kennedy

9782714474032

 

 

Me voilà bien embêtée avec ce livre, car j’adore Douglas Kennedy. Enfin j’adore le Douglas Kennedy de Quitter le monde ou de Cet instant-là; et moins celui de Cinq jours ou de La symphonie du hasard, le livre dont nous allons parler maintenant…

Douglas Kennedy est un auteur américain particulièrement doué, très productif (environ une vingtaine de livres quand même!), attachant et très apprécié des français car il nous le rend bien. Qualifié par certains de “littérature supérieure de gare”, par d’autres de “vrai romancier”, il reste pour moi un véritable écrivain au sens de la narration indéniable et au style ancré dans le marbre: ce qui intéresse Kennedy, c’est la psychologie de ses personnages plus que la narration en elle-même. C’est d’ailleurs sur ce point-ci qu’il hape ses lecteurs, en nous permettant de faire corps avec son héros. Et quand l’intrigue est bien travaillée, Kennedy devient juste génial!

Malheureusement, ou heureusement peut-être car nul n’est parfait et la progression est toujours possible, il rate parfois la marche, ce qui – à mon sens – s’est produit ici. Mon avis me chagrine car j’ai lu un article où il confiait être très fier de ce premier tome de la trilogie de La symphonie du hasard, considéré par lui comme son meilleur roman. Mais Douglas, il faut que je te le dise, ton meilleur roman, c’est indéniablement Cet instant-là!

Bref, pour entrer dans le vif du sujet, le premier tome nous présente ici la vie étudiante d’une jeune femme, Alice Burns, pendant les années Nixon, la guerre du Vietnam, etc. On y découvre ici ses relations familiales pas faciles – faciles, ses débuts d’émancipation avec son arrivée sur le campus du Maine et la découverte de l’amour et des premiers moments de vie à deux. L’arrière-fond est très bien dépeint: la politique intérieure et surtout étrangère des US, les années 70 sur les campus américains avec un intellectualisme assez poussé, un engagement politique profond, et la multiplication des drogues douces. Probablement inspiré de la vie de l’auteur himself. En revanche, l’intrigue est pour ainsi dire… inexistante. On s’ennuie presque ferme sur le premier tiers où les personnages ne prennent pas corps et où la mise en scène est lente. Puis on se met à suivre les circonvolutions de jeune fille d’Alice, sans y croire pour autant, parce que tout est (beaucoup) trop intellectualisé. Enfin, on referme le livre et on se questionne: So what?.

J’ai lu, je ne sais plus où, que Kennedy avait été très fort sur ce roman pour peindre une psychologie féminine. Ce n’est pas ce qui m’a sauté aux yeux pour être honnête, même s’il n’y a pas eu d’incohérence. A titre personnel, le point fort du roman est la description d’époque et pour me répéter la vie universitaire américaine (fraternités, sororités, sport de haut niveau…). Le gros point faible est la vie d’Alice Burns, qui ici, bien qu’à rebondissements, ne nous emporte pas, parce qu’on n’y croit pas plus que ça.

Bref, si vous voulez lire pour la toute première fois dans un Douglas Kennedy, ne commencez pas par celui-là. Il faut aimer l’auteur pour accepter que celui-ci ne soit pas à la hauteur escomptée et ne pas lui en tenir rigueur!

 

Jo la Frite

 

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