Les derniers jours de Rabbit Hayes – d’Anna McPartlin

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Ce livre est un véritable bijou, un livre dont on ne sort pas indemne. Pourtant, quand je l’ai reçu et que j’ai découvert cette couverture fleurie, je me suis dit que j’allais lire un roman à l’eau de rose, gnan-gnan et poussif (les préjugés nous mènent la vie dure!).

Je tiens donc à remercier la ville de Puteaux qui, dans le cadre de son concours de la critique littéraire, m’entraîne à lire des ouvrages que je n’aurais pas choisis spontanément, notamment celui-ci, alors que je l’ai tant aimé…

Difficile de commencer une critique qui se veut de qualité sur un livre où il y a tant à dire.

Commençons par une présentation de l’auteure: Anna McPartlin. Totalement inconnue au bataillon français, j’apprends après une petite fouille sur la toile qu’elle est irlandaise, de Dublin, qu’elle a 46 ans et qu’elle est à l’origine comédienne. Sa passion pour la narration la pousse à l’écriture et elle publie des livres depuis 2006. Les derniers jours de Rabbit Hayes est son sixième roman, écrit en fait en 2014, mais le premier publié en France. A priori, cette femme écrit assez régulièrement sur les notions de mort et de deuil, et c’est en tout cas le thème central du roman qui nous intéresse.

Mia Hayes, surnommée Rabbit, est une jeune femme atteinte d’une récidive du cancer du sein, cancer qui s’est par la suite transformé en l’horreur que malheureusement nous avons tous connu une fois au moins de loin: le cancer généralisé où le corps n’est plus que l’ombre de lui-même… Passée en maison de soins palliatifs, nous suivons Rabbit, mais aussi et surtout ses proches, dans leur vécu et leur ressenti des neuf derniers jours de vie de l’héroïne.

Le livre nous présente les pensées de chaque protagoniste, chacun vivant les adieux à Rabbit de différentes façons; entre chagrin, nostalgie, souvenirs, apaisement, sérénité et monstrueuse colère. Mais ce qui est certain, c’est qu’il se dégage de ce livre un sentiment d’amour excessivement puissant qui rend cette traversée du désert prenante, tendre, sans jamais tomber ni dans le misérabilisme, ni dans le pathos.

Frère, soeur, parents, enfant, meilleure amie, et même ancien amour se relayent, se retrouvent, échangent, au chevet d’une Rabbit parfois éveillée, parfois douloureuse, parfois endormie et presque apaisée. Attention: pour ceux qui ont accompagné un proche dans l’épreuve des derniers jours d’une douloureuse et longue maladie, la lecture est lourde et grave, même si la profondeur des sentiments la rend contre toute attente légère (c’est d’ailleurs la prouesse du livre: être drôle et enjoué en parlant d’un sujet polémique: la fin de vie). Aborder une thématique aussi chargée et difficile que la mort avec une telle proximité en arrivant à nous faire sourire est un challenge périlleux mais réussi, qui montre que l’auteure a bien saisi toute l’humanité qui se joue-là.

J’ai lu ce livre en voyage loin des miens entre Hong Kong et les Philippines. Je ne cache pas que j’ai pleuré plusieurs fois et que j’ai fini le neuvième jour en larmes. Et pas une larmichette qui coule, des vrais pleurs qui soulagent et qui montrent combien le livre est poignant. Le tout dernier moment de Rabbit, ainsi que son dernier échange avec sa mère m’ont simplement…bouleversée à un point que je n’imaginais pas.

Un livre qui ne paye pas de mine mais qui, en plus de me faire ouvrir les yeux sur ce que vivent ceux qui se battent contre le cancer, m’a convaincue de prendre toujours le temps d’accompagner ceux que j’aime dans ce que la vie leur donnera comme épreuves.

Prendre le temps de dire “au revoir” à ses proches, à ceux qu’on a aimés ou admirés, ouvre sûrement la porte à des instants intensément forts, qu’on ne peut manifestement jamais regretter.

A lire sans l’once d’une hésitation.

 

Jo la frite

 

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