Zéro K, de Don DeLillo

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Il y a un mot à la mode en ce moment en littérature : Convergence.

Chez Despentes, la Convergence est la fête anarchiste, mystique et révolutionnaire qu’inventent Vernon et sa bande. Chez De Lillo, la Convergence est un espace perdu quelque part en Asie Centrale, où des hommes et des femmes cherchent la vie éternelle.

C’est amusant de voir que ce mot, bien que revêtant chez les deux auteurs une signification bien différente, traduit néanmoins une même remise en cause de l’ordre établi, une même transgression et une même quête utopique. Car c’est bien d’utopie qu’il s’agit chez le dernier bébé de cet auteur culte, légende vivante des lettres Outre-Atlantique. De Lillo trimballe une image d’oracle, lui qui en scrutant les dérives et la noirceur de l’Amérique, avait notamment écrit sur les attentats avant le 11 septembre et la crise financière avant les subprimes….

L’homme s’intéresse aux mouvements émergents et à la face sombre de l’Amérique, qu’il ausculte avec un oeil noir, politique et de plus en plus mystique. Les romans de De Lillo sont toujours énigmatiques et froids, technos et philos. Il est dès lors assez naturel que l’auteur ait voulu s’emparer d’un des grands sujets du moment: le transhumanisme.

C’est d’ailleurs avouons-le une des raisons pour laquelle j’avais mis ce livre sur ma liste à lire, parce que De Lillo et le transhumanisme, ça collait parfaitement ensemble. Ils étaient fait pour s’entendre et leur rencontre allait, j’en étais sûr, faire des étincelles. Je m’attendais à quelque chose de fort, de puissant, riche en questionnements et en moments de tensions…

Pourtant, je dois maintenant avouer une certaine déception. J’ai bien retrouvé le style et les interrogations inimitables du monsieur. Mais tout était tellement conforme à mes attentes, tellement évident, sans surprise, que je me suis vite ennuyé. Cela est d’autant plus vrai que l’histoire est loin d’être dynamique, se résumant à quelques lignes rapidement brossées.

Un célèbre milliardaire et son épouse malade se rendent dans un lieu scientifico-mystico-symbolique très ‘’DondeLilloien’’, perdu au milieu de nulle part pour se faire cryogéniser, en attendant que la science soit capable de les ressusciter pour vivre éternellement.

La partie ‘’new-yorkaise’’ du livre m’est passée totalement au dessus la tête et je n’ai absolument pas compris son intérêt, sauf à proposer une halte entre deux visites de Convergence. Bien sûr, le centre (de convergence, donc de cryogénisation) est une épure intéressante et intrigante chargée de symboles et l’aura de mystère qui s’en dégage est loin d’être ratée. Mais, au final, cela ressemble tellement à ce que je connais de De Lillo que j’avais presque l’impression de l’avoir déjà lu.

En bref, un De Lillo manquant grandement de rythme et d’invention à mon goût pour être à la hauteur du sujet captivant qu’il cherchait à traiter. Dommage.

Le grand roman du transhumanisme reste à écrire!

Tom la Patate

 

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