La soeur du Roi – Alexandra de Broca

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Je ne lis normalement jamais de roman historique, car j’ai personnellement toujours du mal à faire la distinction entre ce qui relève de la romance, et ce qui relève de l’Histoire, la « vraie ». La lecture de ce roman a confirmé ma position : je trouve cela pénible de lire du faux dans du vrai, et ceci indépendamment de la qualité d’écriture, car j’éprouve le besoin, si l’on me plonge dans de vraies données historiques, de me rendre concrets les personnages. Or ici, dans ce roman, la « sœur du Roi » a bien existé, mais toute une trame de sa vie relève de l’imagination de l’auteure… Du coup, je suis perdue : Qui était in fine Elisabeth, sœur de Louis XVI ? Je n’en sais pas grand-chose…

Ce roman retrace donc la vie d’Elisabeth, sœur de Louis XVI, ainsi que celle de François Dassy (médecin – botaniste inventé pour l’œuvre). Nous suivons ces deux personnages de leur naissance à la mort d’Elisabeth, qui a lieu quelques années après la Révolution. Le contexte socio-historique de l’époque y est très bien décrit, et c’est d’ailleurs ce que j’ai préféré. On y perçoit la montée des Lumières, la lutte contre les privilèges, le changement des mentalités, le début d’un sentiment collectif de laïcité qui apportera un siècle plus tard la séparation de l’Eglise et de l’Etat… On sent poindre la remise en question de l’ordre établi : de la monarchie à la République,  du recours permanent à la religion à l’avènement des sciences, du dogme de la famille à celui de l’amour… Bref, on lit bien l’Histoire de France et pour cause : Alexandra de Broca est aussi historienne, spécialiste de la Révolution Française. L’autre aspect instructif – de mon point de vue – était la présentation des personnages ô combien fascinants de Louis XVI et Marie-Antoinette. Ils étaient des parents concernés, et c’est peut-être finalement le seul vrai point commun qu’ils partageaient. On y découvre un Louis XVI tourmenté, qui se remet en question, qui chemine dans sa tête sur l’abolition des privilèges et la façon de gérer les finances de la Cour, qui est particulièrement esseulé et trouve refuge auprès des conseils de sa sœur… A côté de lui vit Marie-Antoinette, inquiète pour ses enfants, joueuse, sensible à la flagornerie, dépensière car finalement ennuyée par sa vie de paillettes. En tant que lectrice, ces deux personnages m’ont suffit. Ils faisaient à eux seuls l’intérêt du livre.

Mais ce n’est pourtant pas cela qui est mis en avant. Ces aspects précédemment décrits sont la toile de fond de l’ouvrage, qui veut en réalité retracer une histoire d’amour entre la sœur du Roi, Elisabeth, catholique, et François, protestant, médecin-botaniste, ni noble, ni rien. Et cela m’a beaucoup ennuyée. J’ai lu et tourné les pages parce qu’il fallait le faire, mais j’ai trouvé cela inintéressant à souhait. Je n’ai rien contre l’auteure qui d’ailleurs, sans avoir un super style, n’écrit pas si mal. Mais l’histoire d’amour m’est apparue bien fade au regard d’un événement aussi dingue que les prémices de la Révolution. Qu’Elisabeth soit sage, rangée, amoureuse pendant dix ans d’un type avec qui il ne passera dans le fond jamais grand-chose n’a que peu d’importance pour moi au regard de ses conseils auprès du Roi ou de son comportement charitable.

Pour moi donc, Alexandra de Broca s’est trompée de sujet, ou de personnage. Il paraît qu’elle est aussi scénariste, et peut-être que ceci explique cela, je n’en sais rien.

On lit son livre, mais on se dit que malgré tout, elle est passée à côté de ce qui aurait pu être une épique et palpitante œuvre. Dommage !

Jo la Frite

 

 

 

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