Intérieur Nuit, de Marisha Pessl

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Intérieur Nuit est incontestablement un chef d’oeuvre de travail, de méticulosité et de création. Le genre de livres qui me fait dire qu’il y a des écrivains qui ont de l’imagination, et ceux qui ont beaucoup d’imagination, à se demander ce qu’ils auraient pu faire d’autre de leur vie à part raconter des histoires extraordinaires.

 

Ce polar, ce thriller, je ne sais comment le nommer, m’est tombé dans les mains grâce au concours de la critique littéraire de la ville de Puteaux et j’en suis bien heureuse car je serais probablement passée à côté de cela sinon. Sacré pavé de 835 pages, Intérieur Nuit retrace une enquête d’un journaliste d’investigation New Yorkais, Scott McGrath, convaincu qu’un célèbre réalisateur, Stanislas Cordova (“Cordova” dans le roman), n’est pas étranger aux causes qui ont poussé sa fille, Ashley Cordova, à se suicider. En effet, Cordova, le roi du film d’horreur épouvantable, est réputé pour transformer celles et ceux qui l’approchent d’une façon ou d’une autre, alors sa fille…!

 

Un polar comme un autre sur le papier… Mais en fait non, car même le papier est différent! Dans ce livre, on retrouve physiquement la quasi-intégralité des pièces à conviction de l’enquête: petits mots manuscrits, photos, pages de blog, copies d’écrans de sites improbables, tatouages, dessins… Plus qu’un livre, c’est un carton qu’on ouvre, un peu comme si nous étions Scott McGrath, étudions avec lui toutes les hypothèses possibles. C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus impressionnée, ce véritable travail de fourmi exercé par l’Auteure, manifestement très perfectionniste et assez fêlée – dans un sens positif – pour avoir réussi à sortir tout ça de sa tête.

 

Il m’est venu plusieurs fois en tête des comparaisons avec les romans de Fred Vargas en lisant, et ceci notamment pour l’univers magique, décalé voire enchanté parfois que nous retrouvons tout le long du livre. Mais la comparaison avec Vargas s’arrête là. Selon moi, c’est un point intéressant car c’est aussi ce qui fait la force de Vargas: des enquêtes improbables où magie noire, magie blanche et intuition farfelue mènent la danse. J’ai également pensé, et pardon si l’analogie semble tordue, aux romans de la collection “Chair de Poule” que je lisais lors de ma dixième année, qui me faisaient tellement peur que je me souviens avec tourné les pages mi-terrorisée mi-subjuguée. Car Intérieur Nuit fout parfois les jetons, il faut dire les choses franchement. Il y a tout un passage, un peu avant la 700ème page, qui nous embarque littéralement pour cinquante pages de terreur, et c’est inquiète ce soir-là que j’ai éteins la lumière, faisant des rêves clairement reliés à l’histoire du livre – que je me garde de dévoiler car sinon à qui bon?

 

Enfin, pour terminer ces éloges, j’aimerais dire qu’Intérieur Nuit représente – à mon sens – un réel travail d’écrivain comme on n’en fait plus beaucoup. L’histoire est travaillée bien sûr, mais surtout les détails sont peaufinés avec une rigueur qui force l’admiration. Il est très facile dans un polar d’avoir de légers contresens, de mauvais indices, de choses qui ne servent à rien à part faire du remplissage. Ici, non. Et quand on croit que c’est la fin et que les choses se terminent ainsi, on repart pour un tour!

 

Malheureusement, et je suis peut-être un peu dure de terminer sur cela car dans le fond, peut-être que cet ouvrage ne le mérite pas, mais j’ai été déçue personnellement par la fin. L’auteure nous a vendu tellement de précisions, de détails, de renseignements, de pensées et actes totalement dingues que l’on s’attend à une fin en feu d’artifice, un bouquet final qui nous laisserait sidérés, scotchés, ébahis. Et là, il y a une grosse déception car cela se termine dans ce qui est pour moi une réponse floue donnée aux lecteurs.

 

Quoiqu’il en soit, il s’agit d’un vrai bon thriller, qui m’aurait fait peur comme je n’avais pas eu peur depuis longtemps en terminant des chapitres et en ce sens, c’est un livre très réussi.

 

Chapeau bas à Marisha Pessl qui a indéniablement tout d’une grande !

 Jo la Frite

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