S’aimer enfin ! Un chemin initiatique pour retrouver l’essentiel, de Christophe Fauré

9782226396235-j

Pendant longtemps, j’ai refusé catégoriquement de lire tout ouvrage de développement personnel. Trop « facile », trop évident, trop niais et surtout trop « à la mode » (il fallait évidemment que je me différencie). Et puis, chemin faisant, j’ai remis en question mes certitudes, sûrement touchée par la grâce de la crise du milieu de vie J

J’ai souvent entendu Christophe Fauré sur France inter, tout comme j’ai souvent lu son nom dans Psychologiesou Sciences Humaines ; son ton flegmatique et amusé m’a convaincue de le lire « pour de vrai ». Christophe Fauré a écrit beaucoup d’ouvrages et il était dur de savoir lequel choisir : le deuil m’intéresse tout autant que le chemin spirituel (mais c’est très lié !). Finalement, j’ai choisi S’aimer enfin ! Un chemin initiatique pour retrouver l’essentielcar objectivement, ça ne pouvait pas faire de mal !

Cet ouvrage reprend la chronologie de Christophe Fauré, psychiatre parisien à la réputation et la notoriété bien installées, qui décide de tout plaquer pour devenir moine bouddhiste dans le Périgord Noir, à Dhagpo Kagyu Ling (depuis ce livre, je parle couramment tibétain). Ce départ n’est pas aussi irréfléchi que ma tournure laisse à penser. Après plusieurs années de mal-être incessant, et face à une quête spirituelle profonde, Christophe se laisse deux ans pour préparer son départ au monastère. Deux ans qu’il qualifiera à la fin d’indispensables, de bon mix entre liberté et sagesse. Sur place, il apprend énormément de choses, notamment le fameux « apprécier le moment présent », sans chercher ni à le contrôler, ni à la restreindre. C’est un conseil qui a été répété et répété sur je pense les ¾ des ouvrages et TEDex du monde entier, mais que dans le fond personne n’arrive à tenir. Ces deux années au monastère, comprenant un pèlerinage sur les 4 lieux emblématiques de Bouddha, vont marquer à jamais la vie du psychiatre sans pour autant la rendre plus facile, et c’est bien de cela dont il s’agit. Notez qu’après ces deux ans, Christophe Fauré est revenu à Paris, a repris sa place de psychiatre, mais d’une façon… autre.

Christophe Fauré va en fait trouver ce qui manquait à sa vie : la spiritualité. Difficile à définir car trop galvaudée, la spiritualité est ce qui donne le sens, l’injonction de notre vie. Elle peut passer par le bouddhisme ou par une religion, mais elle n’est certainement pas un dogme ni une certitude. Elle est ce à quoi on aspire, un ensemble de croyances et de pratiques qui concernent nos âmes, qui nous rapprochent de nous-mêmes. Être spirituel, c’est se détacher de la matière pour trouver ce qui nous anime intérieurement : aimer, donner, partager, comprendre, aider, écouter,… toutes ces choses qui nous font sentir à notre place. Le postulat de l’auteur est que si vous trouvez votre spiritualité, alors vous trouvez, doucement mais sûrement, votre place dans ce monde.

Présentée comme un axe indispensable à notre développement, la spiritualité, comme la vie affective, la famille, le travail, est l’une des clefs de notre épanouissement. Elle n’est jamais acquise et demande sans cesse du travail, car aller vers ce qui nous semble bon, ce qui nous porte, demande du courage et de l’effort. Il est facile de se perdre dans les méandres de la vie matérielle. Méandres agréables, c’est certain et il ne s’agit pas de les renier, mais de réaliser qu’ils ne portent pas en eux les racines de l’épanouissement. Plus d’argent, plus de travail, plus de maisons, plus de vacances contribuent indéniablement au confort mais continuent de laisser le vide béant en chacun de nous. Comme le dit le psychiatre en reprenant une anecdote du roi Salomon, « Ceci aussi passera »,le bonheur comme le malheur, tout n’est que passager et nous avons si peu de prise sur la vie.

La seule chose que nous avons pour nous, que personne ne peut nous enlever, c’est cette fameuse spiritualité. En faire l’économie, c’est à peu de choses près prendre le risque de se retrouver plein de regrets sur son lit de mort, déçus de ne pas avoir vécu la vie qu’on voulait vivre.

Il ne s’agit pas de tout envoyer valser (n’oubliez pas, liberté ne marche de pair qu’avec la sagesse) mais de savoir intimement ce qui fait « sens » pour vous. C’est quoi réussir votre vie, au-delà de l’aspect matériel ? Comment pouvez-vous y parvenir en faisant en sorte que cela influe positivement sur les autres ? Car oui, il est pour Christophe Fauré de notre responsabilité de prendre soin de nous comme des autres, pour arriver à ce qui nous transcende tous : le sentiment d’unité de l’humanité.

Pour conclure, le psychiatre nous dit qu’un travail thérapeutique, analytique, offre des clés énormes de compréhension sur notre fonctionnement, et nous permet un pas de côté. Mais il ne permet pas à lui seul de trouver ce qui fait sens pour nous, et pour nous seulement. Allié à une quête spirituelle – qui ne peut que s’avérer gagnante -, nous nous offrons la possibilité de vivre notre vie au plus juste.

Et, comme il dit, de nous aimer… enfin !

 

 

Jo la Frite

Aucun commentaire.

Laisser un commentaire

Metaphysique |
Bouquinsprlefun |
Famillerecompose |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Dans ma tête...
| outlander
| C'est écrit ... Par D...