Pot-bouille, d’Emile Zola

Pot-Bouille

 

Pot-Bouille est le dixième roman de la célèbre série des Rougon Macquart. Il est porté par une double ambition narrative :  plonger le lecteur dans le quotidien d’un immeuble bourgeois du XIXème siècle et proposer un roman d’apprentissage (moins abouti à mon sens).

Octave Mouret, sorte de Rastignac aux petits pieds porté sur la gente féminine, quitte Plassans pour rejoindre la capitale où des amis de ses parents l’accueillent et lui trouvent un emploi. Le jeune homme, avide de succès, cherche avant tout à séduire les femmes. Il se trouve rapidement confronté à la vie de l’immeuble dans lequel il a élu domicile, qui constitue une micro-société où familles bourgeoises et domestiques cohabitent. Au fil de ses minables aventures et de la découverte des différents locataires de l’immeuble, on découvre que derrière le luxe, les raffinements et les sourires de façade se cachent bon nombres de noirceurs, de mensonges et de mesquineries…

On parle le plus souvent des livres de Zola comme des romans naturalistes, lui même d’ailleurs sous-titre sa saga des Rougon Macquart comme ‘’une histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire’’. On ne peut nier cette ambition et, là encore dans cet opus, vous pourrez lire une description  sociologique extrêmement riche et précise de la vie d’un immeuble haussmannien au XIXème.

Mais il m’a toujours semblé qu’à côté ou au delà de ce parti-pris affiché, l’ambition de Zola était surtout de débusquer et mettre en lumière la veulerie de l’âme humaine, sujet bien plus intemporel et puissant et qui fait aujourd’hui encore toute la force de ses récits. Il n’y a souvent pas grand monde à sauver dans les livres de l’auteur, chacun portant de façon plus ou moins affichée un masque de laideur.  Et bien nous y sommes en plein ici! Derrière les escaliers rutilants, derrière les portes en bois vernis, derrière les habits soignés se cachent des hommes et des femmes médiocres et détestables. Bien sûr, certains personnages dans ce récit qui en fourmille (un immeuble entier, ça fait du monde!) peuvent s’avérer quelques fois touchant et moins antipathiques, mais tous portent en eux quelque chose de méprisable. Bourgeois ou serviteur, homme ou femme, jeune ou vieux, au final chez Zola, l’homme est toujours le même et son portrait est loin d’être avenant !

Ce livre m’est apparu moins frontalement féroce que certaines de mes lectures passées ( l’Assommoir, Nana, la Fortune des Rougon, l’Oeuvre…) Mais le regard de l’auteur n’en est pas moins acerbe, bien au contraire. En jouant moins de l’excès, de la caricature et du grandiloquent, il en devient peut-être plus puissant car plus juste. Dans la succession  de petites mesquineries, de cupidité, d’adultères, de tricheries, de mensonges, de bassesses, c’est nos travers les plus noirs que Zola dissèque avec la précision et la dextérité d’un orfèvre confectionnant un collier de perles noires, très noires.

Le genre humain ne sort pas grandi de cette visite rue de Choiseul. Pot-Bouille signifiait au XIXème cuisine des ménages. Ici le plat servi par l’auteur a des relents bien rances. A conseiller à tous les grands misanthropes! Aux autres, attention ici, point de salut !

 

Tom la Patate

2 Réponses à “Pot-bouille, d’Emile Zola”

  1. Francoise garcia
    15 avril 2019 à 21 h 55 min #

    Merci pour ce résumé d un ouvrage que j ai lu quand j avais 15 ans, à l’adolescence donc.
    Je me souviens de l’accouchement d un enfant mot-né par une femme de chambre toute seule dans son coin, comme un rat. Est ce que c est bien le cas ? J ai lu toute la série des rougon macquart, cet ouvrage m’a marqué. Merci encore

    • coincescheznous
      16 avril 2019 à 9 h 33 min #

      Merci Françoise! Oui c’est exactement ça tes souvenirs sont encore bien frais :-)
      Baisers baisers

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