My Absolute Darling, de Gabriel Tallent

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Je pense pouvoir dire que j’ai lu beaucoup, beaucoup de romans, mais que j’en ai lus peu qui sont incroyablement bien écrits, pensés, envoutants… et dramatiques. J’ai découvert sur la 4èmede couverture que c’était le premier roman de l’auteur – Gabriel Tallent -, et qu’il avait mis huit ans pour y parvenir ! Déjà, je tiens à féliciter la persévérance et l’opiniâtreté, parce que huit ans de travail solitaire, c’est remarquable. Ensuite, je tiens à applaudir des deux mains (en tapant des deux pieds) le génie de ce type qui a écrit une véritable bombe, d’une précision rarement égalée avec une intrigue palpitante.

My Absolute Darling est une pépite qui fait peur, afflige, traumatise et rend complètement maboule. Les cent premières pages sont un peu compliquées, on a du mal à rentrer dedans car c’est une histoire de fous avec des personnages monstrueux et incroyables dans un décor sauvage et inquiétant. Une fois que l’on a accepté cette horreur et que l’on a compris que c’était le cadre du roman, on part pour les 350 pages restantes avec avidité. My Absolute Darling, c’est la vie que l’on ne souhaite à personne, même pas à son pire ennemi. Lire ça permet de se rappeler qu’il y a des personnes qui vivent ce genre de cauchemars et on relativise tout de suite, en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, les aléas de sa propre vie.

De façon très concrète, et sans rien spoiler car c’est écrit partout, My Absolute Darling retrace l’histoire de Julia, jeune ado de 14 ans, qui vit seule avec son père, Martin, complètement taré. Hormis l’horreur de leur relation incestueuse, Martin élève sa fille au milieu des armes, de la violence, et de la sauvagerie dans tous les sens du terme. Ce qui est vraiment très réussi et très bien travaillé, c’est l’ambivalence de la relation. Bien sûr que Martin est un homme dangereux et malade, mais Julia aime son père. Et à travers ses yeux à elle, on comprend tout aussi bien le besoin de fuir que l’impossibilité de partir. Pas de voyeurisme, pas de tire-larmes vulgaires, seulement une précision fine des sentiments contradictoires qui peuvent se jouer dans le même quart d’heure : la tendresse et la violence, l’amour et la haine, la douceur et la brutalité.

C’est aussi l’histoire d’une jeune fille qui fait corps avec la nature sauvage de ce recoin de la Californie. Une ado paumée qui reconnait n’importe quel insecte, mange des scorpions, attrape des tarentules, défie des marées, construit tout et n’importe quoi avec ses dix doigts. Une sorte de wild woman en construction, pour qui le monde n’est que survie physique et mentale.

C’est, pour le dire simplement, un roman incroyable sur la capacité de chacun à s’en sortir, même quand le cadre de jeu donné au départ est affreusement pauvre et paraît sans issue. Bien sûr, l’amour n’y est pas pour rien… à croire que c’est lui qui nous sauvera tous !

Franchement, n’hésitez pas, allez chez votre libraire, forcez-vous un peu pour les premières pages, et laissez-vous emporter dans ce monstre de littérature américaine.

 

 

Jo la Frite

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