Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo

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Je n’avais jamais lu jusqu’à présent un seul roman de Victor Hugo. Ou peut-être au Collège, mais je ne m’en souviens pas. J’avais vu quelques pièces, parcouru quelques poèmes, mais lu – vraiment lu – jamais.

Le tragique incendie de la Cathédrale il y a quelques semaines, m’a poussé comme beaucoup d’autres (le livre est en tête de gondole dans bien des librairies..) à le découvrir enfin.

L’histoire, pour celles et ceux qui n’en aurait qu’une vague connaissance, nous conte le destin tragique d’une bohémienne d’une grande beauté, innocente et pure (un peu nunuche à mes yeux) qui va attiser les passions d’un homme d’église et de son protégé difforme et sourd, tout en cherchant les grâces d’un officier avant-tout préoccupé de son ascension sociale. Bref, des hommes aiment une femme, qui en aime un autre, qui ne l’aime pas…Tout les ressorts du drame sont ici plantés.

Comme tous les grands romans d’ampleur, ce livre offre une palette impressionnante de thématiques, de focales, de personnages qui nous plonge dans une éblouissante reconstitution du Paris médiéval. L’auteur se fait guide et compare la capitale du XVème siècle à celle qu’il connaît au XIXème. Il y convoque l’architecture, la sociologie, l’histoire et en dresse un portrait savoureux à lire au XXIème siècle. Nous avons même le droit durant un chapitre entier à une impressionnante balade à vol d’oiseau au-dessus des toits de la ville Lumière. Une sacrée prouesse littéraire !

Mais la force du livre réside avant tout dans la multitude de personnages qu’il fait se croiser, s’aimer, se déchirer ou se battre à une rythme effréné. Outre la bohémienne et le bossu, nous faisons connaissance avec un prêtre torturé, de multiples voleurs et soulards, un poète ironique à demi clochard, une femme anéantie par la disparition de sa fille, un roi calculateur, des juges ridicules et sans coeur, un soldat arriviste et proche du phallocrate… et bien sûr la foule de Paris, ivre parfois de fêtes, parfois de mort et de violence…

Alors bien sûr, cela ne fait pas dans la dentelle, Victor Hugo est un auteur romantique et cela se voit. Les personnages sont un peu caricaturaux et souvent excessifs dans leurs affres comme dans leur candeur. Le coeur pur est d’une pureté de cristal, le torturé est à la limite de l’aliénation, la désespérée se complet dans la folie etc…mais il y a un telle vitalité et une telle maestria dans l’exécution que l’on prend un vrai plaisir à voir le drame se mettre en place pour ensuite exploser dans quelques scènes d’anthologie d’une très grande violence. Le dénouement, sans rien en dire, est implacable.

Du grand et beau spectacle plein de bruits et de fureur.

 

Tom la patate

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